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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 12:03
Pour illustrer le soirée autour du thème de l'âge du vin, la dégustation verticale semblait appropriée.


La dégustation démarre sur une curiosité, à l'aveugle. Le vin présente une robe légère aux reflets acajou-orangés. Le nez est surprenant et plutôt déroutant pour les dégustateurs, une note de cerise au sirop, une pointe de végétal subtil, du fruit sec, la figue notamment. En bouche, le vin est dominé par une acidité franche, mais la matière est présente et la longueur est très bonne. La finale est relevé d'un léger sous-bois et d'un soupçon d'épices.

Très difficile pour les dégustateurs d'imaginer qu'il s'agit bien d'un rosé, un Cabernet d'Anjou du Domaine Bablut plus précisément mais qui ne présente aucun sucre résiduel, et pour cause, il s'agit du millésime .... 1967. 

Plus étonnant encore, le lendemain, le vin n'a pas été rebouché, il se tient, il présente des arômes de pruneau, de raisin de corinthe, de zan et de feuille morte. La bouche est encore dominée par une belle acidité, mais la matière reste présente et sans faille, aucun signe de faiblesse à ce stade... Vin vraiment à part.



















La dégustation se poursuit sur une verticale du Château de Mercues, un Cahors bien travaillé où domine largement l'Auxerois (encore appelé Côt ou Malbec, au choix...), assemblé d'un peu de Merlot et Tannat.


Château de Mercues 2004 : Ce vin servira d'échantillon de référence, il reflète bien son origine, la robe est noir aux reflets violine, le nez est puissant, fumé, grillé, accompagné de note de clou de girofle et de confiture de mûre. En bouche il est intense, opulent, gras, les tanins sont tout à fait enveloppés dans cette matière riche et n'apparaissent qu'en fin de bouche, ils sont bien présents, assez fins, on sent tout de même encore son élevage.
Un vin fougueux, plaisant dans l'état, mais nécessitera à table, un plat qui aura du répondant.

Château de Mercues 1999 : L'évolution est notable, la robe est moins opaque, les reflets sont rubis. Le nez est plus docile, fin, un joli fruité apparait, le fruit noir à nouveau, des arômes de réglisse arrivent aussi, le caractère boisé est moins flagrant. En bouche c'est plus nuancé, moins gras et opulent mais plus fin et la structure apparaît plus rapidement mais elle accompagne élégament la matière jusqu'en fin de bouche. Inutile de sortir le gibier, un filet de boeuf rôti serait un bon partenaire.

Château de Mercues 1998 : La robe se distingue peu du précédent, un léger grenat fait son apparition. Le premier nez est plus austère, le caractère animal domine largement. L'aération le fait évoluer rapidement et ce caractère laisse place à des arômes plus nuancés, la framboise écrasée, l'humus, le cèdre, une pointe de réglisse. En bouche, c'est encore un peu plus fondu que le précédent, l'ensemble est fin et harmonieux, avec des tanins assez souples mais présents. Ce vin appel une viande rouge fine, mais de caractère, éventuellement un médaillon de chevreuil. 

Château de Mercues 1997 : La robe plus claire, les reflets sont grenat. Le nez est bien ouvert, avec des arômes de fleur séchée, de cerise confite, de sous-bois.  Les caractères se mêlent pour n'en laisser dominer aucun. En bouche, il présente un ensemble velouté et harmonieux, les tanins sont très fondus, la matière est fine sans paraître fluette, et la longueur reste interessante. Un vin qui semble atteindre son maximum, et qui appelle plutôt une viande délicate, une côte de veau serait appropriée.
L'évolution semble vraiment plus importante à tous les niveaux, qu'entre les 2 vins précédents. (effet millésime?)

Château de Mercues 1994 : la robe affiche une évolution marquée, les reflets sont tuilés. Au nez, les arômes sont subtils et délicats, moins flagrants, moins directs. Un caractère de fruits macérés, de vieille confiture (pas désagréable), la terre humide, des épices douces et un léger réglissé encore, sont présents. En bouche la matière est fine mais bien présente, les tanins sont fondus mais légèrement plus ressérés en fin de bouche que sur le 97. Les arômes sont persistants, la finale est longue.  On pourra faire entrer en jeu quelques champignons dans la composition du plat qui l'accompagnera, en privilégiant une viande fine.

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